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Vive les congés payés

Publié par Yvon M., le 20 juillet 2006

 

Nouvelle exposition qui occupe la cour d’honneur de l’Hôtel de Région.Les stagiaires de l’Ecole de la 2ème Chance (groupe C) ont visité cette exposition portant sur « le droit du travail en France », traité lors du temps référent. En dix ans, de 1936 à 1946, la France passe d’un droit social quasi inexistant (malgré les journées de huit heures obtenues en 1919) à une ébauche de démocratie sociale. Pour cela, il y eut d’abord la grande crise, l’ébullition sociale et la créativité du Front populaire puis l’épreuve de la guerre et la dynamique sociale et politique de la Résistance. Le Front populaire fut un état d’esprit, un style, une culture. C’est ce parfum général qu’il s’agit de refaire vivre, pour comprendre l’ampleur de ce choc de la décennie 36-46 et de la plus grande grève qu’ait connu la France salariée (près de 2,5 millions de grévistes). Au bout de ce long chemin de luttes, la joie des loisirs conquis, des paysages champêtres et l’horizon infini de la mer débouchaient sur ces plages autrefois réservées à la bonne bourgeoisie et ouvertes désormais aux « salopards en casquette », comme les appelaient les ennemis jurés du Front populaire. C’est de ce « bout du chemin » que l’on peut encore rêver aujourd’hui. L’exposition est une fête historique 1936 évoque une fête généreuse, un moment de libération et de joie populaire, au milieu d’une période difficile, lourde de menaces qui bientôt deviendront réalité. C’est l’image d’une embellie, d’un mouvement à la fois puissant et fragile. Les photos et les films sont en noir et blanc, mais la couleur est partout présente, dans la matière des murs de briques, dans les banderoles et les drapeaux. Dans la cour de l’usine… On pénètre tout d’abord à l’intérieur de la cour d’une usine. Face à nous se dressent de hauts murs de briques enserrant la grille de l’établissement.

L’un des murs évoque, avec des photos et des films, la France avant et en 1936, la condition ouvrière à cette époque. L’ensemble montre à la fois le quotidien et les grandes données sociales et économiques. L’autre mur est consacré à l’histoire politique ayant conduit aux événements de mai 1936 (1934, le Front Populaire, la victoire électorale… sont traités sous forme d’une série d’affiches collées sur le mur). Ces deux murs convergent vers l’imposant et large portail de la grille extérieure de l’usine. Il est couvert de drapeaux rouges. La grille est ouverte et témoigne de l’incroyable : les occupations, les bals dans cours d’usine, la solidarité, le rôle des femmes dans les grèves…

La « route » Une fois passée la grille de l’usine, on se retrouve sur une « route ». Elle mène directement à une plage de sable. La « route » symbolise à la fois le chemin des premiers congés payés et la voie historique ouverte par 36. Mais de part et d’autre de la route deux univers se font face : À gauche, le peuple savoure les congés payés et se mobilise dans la lutte. Ainsi, une immense banderole murale couvre le mur extérieur de l’usine. Elle s’inspire de celle que les peintres révolutionnaires de l’époque réalisaient pour les grandes manifestations antifascistes. Elle raconte ces luttes.

Des tentes et des canadiennes évoquent les bords de Marne occupés par les premiers congés payés. Les bâches de ces tentes sont imprimées de photos d’époque montrant cette réalité. La couverture de la tente est parfois transparente et, à l’intérieur, chacun peut voir des photos, des projections audiovisuelles. Ces tentes illustrent la découverte du camping et les colonies de vacances pour les enfants. Sur le chemin : des vélos et des tandems tirent des petites carrioles avec des photos et des moniteurs vidéo, une roulotte de théâtre décorée de toiles peintes et de banderoles imprimées avec bande son, diffuse chansons et textes. Cette partie évoque à la fois les acquis de 1936 et l’esprit de cette période, durant laquelle le social, le politique et le culturel étaient étroitement liés. Elle montre l’énergie qui animait tous les acteurs.


A droite de la « route » : évocation de la montée du fascisme, parallèle au Front Populaire. Là, tout est rigide, métallique, noir avec les textes en rouge ou or. Sur ce mur sont fixées des plaques de métal imprimées qui évoquent la réaction en France. Une série de poteaux noirs, impressionnants avec à leur sommet, un disque, porte une date ainsi que des explications et une iconographie. Ils rythment les sinistres étapes qui vont conduire à la guerre. Cette partie se termine par un blockhaus. À travers la meurtrière de celui-ci, les visiteurs peuvent voir un film sur la guerre et la Résistance.

La plage La route débouche sur une plage de véritable sable, entourée de petites barrières blanches en bois. Des tentes de plages y sont plantées. Gaies et accueillantes, elles exposent photos, films, chansons… Sur cette plage, les acquis de 1936, complétés par ceux de la Libération, sont évoqués sur un ton joyeux. La paix est revenue…

Stéphanie : L’exposition nous a plongés dans l’ambiance des années 40 car les photos et les films étaient des archives en noir et blanc. On voulait faire ressentir comment vivaient les français à cette époque. Les travailleurs ont découvert la plage, le camping et les voyages grâce aux premiers congés payés de l’histoire. Ils ont bénéficié de 2 semaines de vacances, alors qu’avant seul le dimanche était le jour de repos. Pour obtenir ce droit, les travailleurs ont fait grève pour limiter le temps de travail et avoir des loisirs. Cette grève est une des plus importantes en France 2,5 millions de grévistes.

Sami : Cette expo est bien faite, elle retrace l’histoire de la France avant la 2de guerre mondiale. Elle m’a ouvert les yeux sur les conditions du passé et m’a appris des choses que je ne connaissais pas, la montée du nazisme et du fascisme en opposition au communisme.

Sofiane : Je ne connaissais pas du tout la France du début du 20ème siècle. Ayant fait une scolarité en Algérie, j’avais du mal à comprendre. Après l’exposition, je connais mieux ce qui s’est passé en France avant la 2de guerre mondiale.

Article réalisé et illustré par Stéphanie EYMAR, Christine GOMEZ, Sami GROUNGA, Sofiane RAAB et Yvon MAIRONE.


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